VIE × ÉVOLUTION

La vie prend l’azote à l’air

il y a au moins 3,2 milliards d’années

Archéen · Mésoarchéen

L’air est fait d’azote aux quatre cinquièmes, mais ses deux atomes sont si étroitement liés que presque rien de vivant ne parvient à les séparer. Une enzyme, la nitrogénase, a fait sauter ce verrou : l’atmosphère elle-même est devenue un engrais. Des roches de plus de trois milliards d’années portent sa signature isotopique, et les formes ancestrales de l’enzyme, ressuscitées en laboratoire, laissent aujourd’hui la même signature. Reste une énigme : la nitrogénase a besoin de molybdène, un métal qui aurait dû être introuvable tant que l’oxygène n’était pas là pour le libérer de la roche, et pourtant elle fonctionnait déjà.

Pourquoi c’est important

Chaque protéine, chaque brin d’ADN réclame de l’azote. C’est cette enzyme qui a relevé le plafond de la quantité de vie que la planète pouvait porter.

Datation et incertitude

Les rapports isotopiques de l’azote dans des roches de 3,2 à 2,75 Ga se situent là où la nitrogénase les placerait, ce qui fixe un âge minimal et non une date d’origine. Des enzymes ancestrales ressuscitées reproduisent la même signature, ce qui appuie cette lecture des roches.

Sources

  1. Stüeken et al. (2015), Nature · Isotopic evidence for biological nitrogen fixation by molybdenum-nitrogenase from 3.2 Gyr
  2. Mus et al. (2019), Free Radical Biology and Medicine · Geobiological feedbacks, oxygen, and the evolution of nitrogenase
  3. Rucker et al. (2026), Nature Communications · Resurrected nitrogenases recapitulate canonical N-isotope biosignatures over two billion years

L’histoire de la Terre en une journée

07:05:0116 h 55 min avant minuit

si les 4,54 milliards d’années de la Terre étaient ramenées à un seul jour

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