Période· Les colonnes du temps
Ectasien
1,4 Ga → 1,2 Ga
Deux cents millions d’années presque sans repère, et l’endroit de la charte où l’on place d’ordinaire l’invention du sexe, sans doute la plus lourde de conséquences.
Ce que montrent les données
Aucune division de la charte n’est plus vide : la période ne tire son nom que des couvertures sédimentaires qui continuent de s’y étendre, et, sur ses 200 millions d’années, elle n’enregistre ni glaciation, ni extinction, ni bouleversement qui ait laissé une marque. Ce qui se passe se passe dans les cellules. Le sexe est fait de deux gestes qui se défont l’un l’autre, la méiose qui divise un génome par deux et la fécondation qui le rétablit, et les gènes qui conduisent la méiose se retrouvent dans tout l’arbre des eucaryotes, y compris chez des lignées longtemps tenues pour strictement asexuées. Cette répartition place la machinerie au plus tard chez leur ancêtre commun, c’est-à-dire loin dans le Protérozoïque, à un moment qu’aucune méthode ne sait encore fixer. Sa conséquence est arithmétique : un descendant est un remaniement de deux parents plutôt que la copie d’un seul, et la variation cesse de dépendre de la seule mutation.
Bornes et conventions
Derrière ses deux nombres ronds, il n’y a rien du tout. L’origine du sexe n’a pas davantage de date : on la place ici d’après la répartition des gènes de la méiose entre lignées vivantes et d’après les horloges moléculaires, qui donnent une plage de temps et non un moment ; et l’on discute encore de l’avantage sélectif qui a pu la favoriser.
Sources
- Cohen, K. M., Finney, S. C., Gibbard, P. L., Fan, J.-X. (2013). The ICS International Chronostratigraphic Chart. Episodes 36(3), 199–204, mise à jour continue, voir Cohen et al. (2025), Episodes.
- Ramesh et al. (2005), Current Biology · A phylogenomic inventory of meiotic genes: evidence for sex in Giardia and an early eukaryotic origin of meiosis
- Hodgskiss & Sperling (2023), Annual Review of Earth and Planetary Sciences · Deconstructing the Lomagundi-Jatuli carbon isotope excursion
- Mukherjee et al. (2018), Scientific Reports · The Boring Billion, a slingshot for complex life on Earth