Ère· Les colonnes du temps
Mésoprotérozoïque
1,6 Ga → 1 Ga
Six cents millions d’années où, autant qu’on puisse en juger, il ne se passe remarquablement rien. Elles occupent le cœur de ce que la littérature appelle le milliard ennuyeux, et le surnom est un aveu.
Ce que montrent les données
L’oxygène se tient à un niveau bas et stable, la courbe isotopique du carbone est plate, et le supercontinent tient pendant 600 millions d’années. Le calme est dans les roches, pas dans les cellules : le milliard ennuyeux est aussi le moment où paraissent les eucaryotes, où s’inventent la pluricellularité et la sexualité, où le vivant complexe connaît sa première grande diversification. Des travaux récents trouvent de vraies variations dans les éléments traces qu’on lisait comme uniformes, et une lecture fait même de cette pénurie la pression qui a poussé ces innovations. L’ère résiste toujours à la forme narrative que prend le reste de la frise, et c’est en soi un fait sur la planète : tout récit de son histoire doit faire place à 600 millions d’années où la chimie bouge à peine.
Bornes et conventions
Une ère nommée d’après ce qui semble lui manquer, et le nom a survécu aux preuves qui le fondaient. Ce qui ressemble à une stase tient peut-être à la finesse du registre plutôt qu’à l’état du monde, et selon la réponse ces 600 millions d’années sont une pause dans l’histoire ou un trou dans ce que nous savons en lire.