CLIMAT × VIE
La fougère qui a couvert l’Arctique
il y a ~49 à 48 millions d’années
Phanérozoïque · Cénozoïque · Paléogène · Éocène
Pendant environ un million d’années, l’océan Arctique porta une couche d’eau douce en surface, et sur elle une fougère flottante qui double de masse en quelques jours, l’une des plantes à la croissance la plus rapide qui soit. Elle poussait, mourait et coulait dans une eau sans oxygène, où rien ne pouvait la faire pourrir. Cultivée aujourd’hui sous forte teneur en dioxyde de carbone, la même fougère croît nettement plus vite : l’air de l’Éocène nourrissait la prolifération au lieu de la freiner.
Pourquoi c’est important
L’épisode survient juste là où le monde de serre montre ses premiers signes de glissement vers la glacière où nous vivons, ce qui fait d’une plante d’étang une suspecte dans le basculement qui a produit notre climat. Savoir si elle en fut une cause ou une note de bas de page tient à un chiffre que personne ne peut mesurer directement, et les estimations publiées vont presque du simple au décuple.
Datation et incertitude
Les couches de spores de fougère dans les carottes du fond arctique sont sans ambiguïté. Ce que leur enfouissement a retiré à l’air est un calcul de flux et non une mesure : les estimations vont de 55 à 470 parties par million, et ce que ces proliférations ont fait au cycle global du carbone reste largement inconnu.
Sources
- Speelman et al. (2009), Geobiology · The Eocene Arctic Azolla bloom: environmental conditions, productivity and carbon drawdown
- Barke et al. (2012), Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology · Coeval Eocene blooms of the freshwater fern Azolla in and around Arctic and Nordic seas
- Hutchinson et al. (2021), Climate of the Past · The Eocene-Oligocene transition: a review of proxy data, models and comparisons
L’histoire de la Terre en une journée
23:44:2715 min 33 s avant minuit
si les 4,54 milliards d’années de la Terre étaient ramenées à un seul jour
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